L’impact du Brexit sur la viande de bœuf et d’agneau britanniques : le point sur la situation actuelle

le 27 octobre 2020

La période de transition du Brexit se terminera le 31 décembre 2020. Jusqu’à cette date, rien ne changeait pour les consommateurs et les entreprises. Mais que se passera-t-il au 1er janvier 2021, et quel sera l’impact pour la viande de bœuf et d’agneau britanniques ? Faisons le point sur la situation actuelle.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons toujours pas si la nouvelle relation entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne inclura un nouvel accord de libre-échange. Quoi qu’il arrive, des frictions commerciales semblent inévitables dans un premier temps, avec des formalités administratives supplémentaires, des contrôles physiques et des délais potentiels aux ports et aéroports.

La fin de la période de transition signifie aussi que les accords internationaux conclus par l’UE ne s’appliqueront plus au Royaume-Uni. Par exemple, les produits britanniques pourraient ne plus être considérés comme des produits d’origine européenne. Si aucun accord commercial n’est trouvé d’ici là, cela voudra donc dire que le Royaume-Uni sera soumis au tarif extérieur commun (TEC) de l’Union Européenne pour exporter ses productions agricoles vers l’UE. Ce tarif ayant été mis en place pour protéger l’agriculture européenne, cela représenterait un obstacle majeur pour les exportateurs.

Pour vous donner une meilleure idée de l’impact possible du Brexit pour le secteur, le Royaume-Uni a exporté en moyenne plus de 156.000 tonnes de viande bovine par an entre 2013 et 2017, pour une valeur moyenne de 456 millions de livres sterling. Sur cette même période, les exportations vers l’UE représentent en moyenne 82% de l’ensemble des exportations.

L’impact en cas de non-accord devrait être encore plus important pour le secteur de l’agneau puisqu’un pourcentage élevé de la production britannique est exporté vers l’UE. Les exportations britanniques de viande ovine pourraient également souffrir considérablement si de nouveaux droits de douane sont établis. Les carcasses exportées vers l’UE pourraient être soumises à des droits de douane aussi élevés que 45-50% du prix de la viande. Ces circonstances pourraient entraîner une baisse des prix de la viande ovine et ainsi réduire considérablement les revenus des éleveurs. Dans ce cas de figure, la viande ovine sera également confrontée plus fortement qu’avant à la concurrence de la viande venue de Nouvelle-Zélande et d’Australie, dont le coût est inférieur à celle du Royaume-Uni.

En ce moment, nous sommes donc encore dans l’incertitude. Mais quelle que soit l’issue des négociations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni, des analyses menées par AHDB ont déjà montré que les fermes les plus performantes resteront rentables.

Vous pouvez retrouver toutes les dernières mises à jour sur l’impact du Brexit sur le commerce de bœuf et agneau britanniques sur le site de l’AHDB (en anglais).