Les idées reçues sur la viande #9 : Les éleveurs de bétail britanniques ne se soucient pas de la santé et du bien-être de leurs animaux

Les agriculteurs sont très soucieux de la santé et du bien-être de leurs animaux, car ils sont au cœur de leur activité. Le Royaume-Uni a toujours été à l’avant-garde de la législation sur le bien-être des animaux et offre certaines des meilleures normes au monde en matière de bien-être des animaux d’élevage, avec un cadre juridique solide et complet protégeant la santé et le bien-être des animaux.

Le Royaume-Uni dispose d’organismes industriels bien développés qui reconnaissent l’importance de la santé et du bien-être des animaux, ainsi que d’un nombre important de programmes et/ou d’initiatives crédibles en matière d’assurance qualité et de santé et de bien-être. En général, les principaux pays producteurs et exportateurs situés en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Océanie et en Asie disposent d’un cadre juridique beaucoup moins développé que le Royaume-Uni.

L’indice de protection des animaux (Animal Protection Index), qui classe les pays du monde entier en fonction de leurs engagements à améliorer le bien-être des animaux, a identifié le Royaume-Uni comme l’un des quatre seuls pays à recevoir la note la plus élevée.

Un certain nombre de mesures sont prises dans l’exploitation, dans le meilleur intérêt des animaux et conformément aux conseils des experts et des vétérinaires.

Les bovins sont logés à l’intérieur pour toute une série de raisons de santé et de bien-être. La croissance limitée de l’herbe pendant l’hiver et les mauvaises conditions météorologiques entraînant des inondations signifient que, dans certaines régions du Royaume-Uni, il n’est pas possible de faire paître le bétail à l’extérieur et de veiller à ce que ses besoins nutritionnels soient satisfaits.

Le logement des bovins les protège des intempéries et contribue à assurer une alimentation équilibrée à chaque vache. Dans certains cas, les vaches peuvent vivre à l’intérieur toute l’année afin que le troupeau puisse être géré de manière appropriée à leurs besoins. Cela permet à l’éleveur de surveiller étroitement le troupeau, ce qui contribue à la détection des premiers stades de la mise bas, des boiteries ou des maladies.

Les étables sont des espaces bien ventilés et lumineux, avec des aires de repos individuelles pour que chaque vache puisse se coucher. Ce sont toutes des exigences de la Red Tractor Assurance et elles ont été dérivées de directives d’experts pour garantir un comportement naturel des vaches ainsi que des réglementations strictes en matière de santé et de bien-être des animaux. Des équipements tels que les brosses à bétail contribuent également à la santé et au bien-être des animaux en les gardant propres.

La tonte des moutons est un processus sans douleur et est essentielle pour la santé et l’hygiène des animaux. Comme la plupart des ovins ne peuvent pas perdre leur pelage, il y a un risque de surchauffe.

La tonte empêche également la toison de traîner sur le sol et de se salir, ce qui peut attirer les mouches et provoquer des infections. C’est pourquoi les moutons sont tondus avant l’été – pour assurer leur confort et leur santé. Selon les recommandations gouvernementales, les éleveurs doivent retirer la toison de tous les moutons adultes au moins une fois par an.

Les idées reçues sur la viande #8 : la viande rouge et les produits laitiers sont remplis d’antibiotiques et d’hormones

La viande rouge et les produits laitiers sont-ils réellement remplis d’antibiotiques et d’hormones comme on l’entend souvent ? Dans ce nouvel article, nous parlerons à nouveau de l’effet que la viande et les produits laitiers peuvent avoir sur notre santé

Pour commencer, il est important de se rendre compte que la situation n’est pas identique dans le monde entier. Le Royaume-Uni fait partie des bons élèves en la matière puisqu’il est dans le top 5 des pays utilisant le moins d’antibiotiques pour l’élevage, sur un classement regroupant 31 pays européens. Il est seulement battu par les pays nordiques (Norvège, Islande, Suède, Finlande) où le climat sec et froid est un facteur clé pour arrêter la reproduction des bactéries.

La quantité d’antibiotiques utilisée dans les exploitations agricoles britanniques a en outre été réduite de 53 % entre 2014 et 2018. Une utilisation prudente et bien gérée des antibiotiques est nécessaire pour protéger le bien-être des animaux et les agriculteurs ne les utilisent qu’en cas de nécessité.

Des délais stricts de retrait sont prévus pour chaque médicament vétérinaire autorisé, y compris les antibiotiques. Cela signifie que les produits animaux ne peuvent entrer dans la chaîne alimentaire que s’ils sont propres à la consommation humaine.

De plus, alors que l’’utilisation d’hormones pour stimuler la croissance des animaux d’élevage est courante dans certaines parties du monde, elle est totalement interdite au Royaume-Uni.

L’utilisation de tous les stimulateurs de croissance, y compris les antibiotiques à faible dose, chez les animaux d’élevage a été interdite dans l’UE en 2006, ce qui signifie que les agriculteurs britanniques n’utilisent pas – et ne peuvent pas utiliser – ces produits, qui sont couramment utilisés dans d’autres parties du monde pour assurer une croissance plus rapide et minimiser les coûts de production. Des antibiotiques à faible dose sont encore utilisés dans de nombreux pays du monde entier pour augmenter les taux de croissance des animaux.

La réglementation ainsi que les normes Red Tractor garantissent la traçabilité, la sécurité alimentaire et l’approvisionnement responsable des aliments, la santé et le bien-être des animaux étant au premier plan. Le Royaume-Uni compte 11 186 membres de Red Tractor dans le secteur laitier et 23 666 membres de Red Tractor dans le secteur du bœuf et de l’agneau.

Les idées reçues sur la viande #7 : les alternatives végétales à la viande rouge et aux produits laitiers sont meilleures pour la santé

Il est courant de penser que les alternatives végétales à la viande rouge et aux produits laitiers sont meilleures pour notre santé. Cependant, de la même façon que ces substituts ne réduisent pas forcément notre empreinte carbone, il s’agit à nouveau d’une idée reçue.

Alors que les alternatives à la viande et aux produits laitiers sont de plus en plus populaires, il est important de s’assurer que ceux-ci vous fournissent tous les éléments nutritionnels dont vous avez besoin dans le cadre d’un régime alimentaire sain et équilibré, comme le font la viande rouge et les produits laitiers.

S’il est vrai que les aliments d’origine végétale contiennent de nombreuses vitamines et minéraux qui sont importants pour une alimentation équilibrée et peuvent être une source de calcium, ces aliments contiennent aussi des substances inhibitrices, telles que les oxalates et les phytates, qui réduisent l’absorption du calcium.

En outre, les substituts de viande sont souvent plus riches en sodium que la viande rouge. Et même s’ils sont faits à base de haricots, de tofu et d’autres aliments végétaux, les substituts de viande peuvent être riches en graisses saturées. Les fabricants de substituts de viande utilisent souvent des huiles de noix de coco et de palme, toutes deux riches en graisses saturées, pour donner aux produits une sensation en bouche similaire à celle du bœuf haché. Il est donc important de lire les étiquettes des substituts de viande pour vérifier leur teneur en matière grasse. Certains substituts de viande sur le marché sont hautement transformés et beaucoup contiennent des additifs et des arômes. De nombreux substituts laitiers sont eux aussi artificiellement enrichis de vitamines et de minéraux supplémentaires parce qu’ils ne possèdent pas les mêmes nutriments que ceux que l’on trouve naturellement dans le lait de vache. Sans oublier que le lait a aussi une des meilleure biodisponibilité du calcium, ce qui signifie que notre corps peut l’absorber plus facilement.

Les régimes alimentaires riches en viande rouge sont souvent considérés comme une cause importante de décès. Mais un récent rapport sur les effets des risques alimentaires sur la santé dans 195 pays a montré qu’une consommation élevée de viande rouge était la cause du moins grand nombre de décès liés à l’alimentation dans le monde. Un régime alimentaire riche en sodium était la principale cause de décès liés à l’alimentation.

Les idées reçues sur la viande #6 : la viande et les produits laitiers sont mauvais pour la santé

Après nous être focalisé sur l’impact de la viande sur l’environnement, nous allons dans ce nouvel article analyser une autre idée reçue très répandue, qui veut que la viande et les produits laitiers soient mauvais pour la santé.

La viande rouge et les produits laitiers sont reconnus comme un élément important d’un régime alimentaire équilibré. La viande rouge est par exemple l’une des sources les plus riches en nutriments essentiels (fer, zinc, vitamine B), ainsi qu’une source importante de protéines. Ces nutriments sont essentiels au bon fonctionnement de notre corps : le fer est un minéral vital pour la formation des globules rouges ; le zinc est important pour le bon fonctionnement du système immunitaire, la croissance, la cicatrisation des plaies et la fertilité ; le potassium et le sélénium sont des antioxydants importants et les vitamines B, dont la vitamine B12, aident à garder nos globules rouges en bonne santé, et jouent aussi un rôle dans la croissance et la production d’énergie.

La viande rouge anglaise a également une teneur en graisse beaucoup plus faible qu’il y a 20 ans : le bœuf maigre entièrement paré ne contient en moyenne que 5 % de graisse et l’agneau entièrement paré 8 % de graisse. Sans oublier que la viande rouge est également naturellement pauvre en sel.

Les produits laitiers sont aussi très nutritifs, puisque le lait, le fromage et le yaourt contiennent tous une gamme de protéines, de nutriments et de vitamines de haute qualité. Les produits laitiers sont une excellente source de protéines, de potassium, de magnésium, de zinc et de phosphore. Pour beaucoup de personnes, ils constituent la principale source d’iode, qui contribue à la production d’hormones thyroïdiennes importantes pour le développement des os et du cerveau pendant la grossesse et la petite enfance, et qu’il est difficile de se procurer via d’autres aliments. Un verre de 200ml de lait demi-écrémé contient ainsi 41% de la dose journalière recommandée d’iode.

Les produits laitiers améliorent aussi la santé des os, en particulier chez les enfants et les adolescents, et fournit un ensemble équilibré de nutriments essentiels. Ce même verre de lait de 200ml contient également 31% de la dose quotidienne recommandée de calcium (bon pour les os et les dents), 14% de la dose quotidienne recommandée de protéines (bon pour les os et les muscles), 74% de la dose quotidienne recommandée en vitamine B12 (qui soutient le système immunitaire et réduit la fatigue), 35% de la dose quotidienne recommandée en vitamine B2 (qui aide à garder une bonne vision, une bonne peau et un bon niveau en globules rouges), et enfin 28% de la dose quotidienne recommandée en phosphore (également bon pour les os et les dents).

C’est pourquoi la consommation de lait est recommandée par les experts médicaux pour les adultes et les enfants dans le cadre d’une alimentation équilibrée. De ce point de vue, la majorité des alternatives d’origine végétale n’ont donc pas la richesse en nutriments des produits laitiers.

On pense aussi généralement à tort que les produits laitiers sont riches en matières grasses : c’est également faux. En fait, le lait entier ne contient que 3,6 % de matières grasses. Le lait demi-écrémé contient 1,7 % de matières grasses, tandis que le lait écrémé en contient 0,3 %. Le lait et les produits laitiers sont de bonnes sources de nutriments importants, c’est pourquoi les experts de la santé conseillent de ne pas les supprimer de votre régime alimentaire ou de celui de votre enfant sans en parler d’abord à un médecin généraliste ou à un diététicien, car de nombreux produits alternatifs ne contiennent pas des niveaux comparables de nutriments.

Des études ont également suggéré d’autres avantages à la consommation de viande et de produits laitiers, comme une protection contre la prise de poids et l’obésité, ce qui réduit considérablement le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires associées, ou encore une réduction possible du risque de certains cancers, notamment le cancer colorectal.

Les idées reçues sur la viande #5 : remplacer la viande rouge et les produits laitiers par des alternatives réduit considérablement notre empreinte carbone

Dans nos précédents articles dédiés aux idées reçues et mythes sur la viande britannique, nous avons déjà analysé l’empreinte écologique de l’élevage anglais ainsi que sa production de gaz à effet de serre. Dans ce nouvel article, nous aborderons plus en détail une autre idée reçue très répandue et liée aux deux précédentes, selon laquelle remplacer la viande rouge et les produits laitiers par des alternatives (végétariennes) réduirait considérablement notre empreinte carbone. La question n’est en réalité pas aussi simple que ça.

Une alimentation équilibrée, c’est bien ; une alimentation équilibrée à base d’aliments produits de manière durable dans des systèmes à faible émission de gaz à effet de serre, c’est mieux. Mais contrairement à ce que certains aiment à penser, cela n’exclut pas automatiquement la viande. Comme nous en avons déjà parlé dans nos précédents articles, une viande n’est pas une autre et les producteurs de viande britanniques font partie de ceux qui font le plus d’efforts pour réduire leur empreinte écologique.

Mais venons-en aux chiffres : l’empreinte carbone d’un litre de lait britannique s’élève à 1,25kg de CO2e, contre une moyenne mondiale de 2,9kg de CO2e par litre. Pour le bœuf britannique, nous en sommes à une empreinte carbone par kilo de viande d’environ 17,12 kg de CO2e par rapport à une moyenne mondiale de 46 kg de CO2e par kilo. Quant à l’empreinte carbone d’un kilo d’agneau produit en Angleterre ou au Pays de Galles, elle s’élève à environ 14,6 kg de Co2e, contre

une moyenne mondiale de 24 kg de CO2e par kilo. N’oublions pas non plus que, selon le dernier rapport 2020 du Comité gouvernemental sur le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre du bœuf britannique sont d’environ la moitié la moyenne mondiale. On le voit donc, toutes les productions de viande rouge ne sont pas identiques, et les normes environnementales et de bien-être animal peuvent fortement varier en fonction du lieu de production.

En réalité, vous réduirez davantage votre empreinte carbone en achetant une nouvelle voiture moins polluante, en prenant moins l’avion ou en passant à l’énergie verte plutôt qu’en arrêtant totalement de manger de la viande et des produits laitiers.

En outre, les produits d’origine végétale n’ont pas toujours un impact nécessairement plus faible sur l’environnement : cela dépend du lieu et de la manière dont les ingrédients ont été produits, des pressions environnementales liées à leur production, de la gestion environnementale associée au système agricole de ce pays et des ressources environnementales disponibles, ainsi que de la distance parcourue par le produit.

Enfin, les considérations relatives à l’impact environnemental des aliments doivent être liées à la densité des nutriments qu’ils contiennent, en particulier à mesure que la population continue de croître. Alors que la viande et les produits laitiers ont des valeurs d’émission de gaz à effet de serre par gramme plus élevées, on a constaté qu’ils sont beaucoup plus denses en nutriments et que leurs valeurs d’émission de gaz à effet de serre par calorie sont beaucoup plus faibles que les céréales par exemple. Une autre étude a également démontré que le lait présente la plus forte densité de nutriments par rapport aux émissions de gaz à effet de serre comparé à de nombreuses autres boissons (softs, jus d’orange, bière, vin, eau gazeuse en bouteille, boisson de soja et boisson d’avoine,…).

Les idées reçues sur la viande #4 : les vaches et ovins britanniques mangent des récoltes que les humains pourraient manger

Dans notre précédent article, nous vous avons expliqué pourquoi il n’est souvent pas possible de faire pousser des cultures sur les terres utilisées par les vaches et ovins britanniques. Mais ce bétail a-t-il également besoin de consommer des récoltes dont il prive en conséquent les humains ? C’est la quatrième idée reçue sur la viande dont nous parlerons dans cet article.

Il est évident que le bétail et les humains ne consomment pas le même type de cultures. Environ 70% du régime alimentaire typique des troupeaux de bovins britanniques est constitué d’herbe, le reste étant constitué de sous-produits, d’ensilage et de céréales provenant de cultures qui n’auraient jamais été utilisées dans la chaîne alimentaire humaine.

87% de la viande bovine britannique est produite en utilisant principalement un régime alimentaire à base de fourrage. La production de bœuf britannique n’est donc pas un facteur de déforestation dans d’autres parties du monde.

N’oublions pas non plus que, en donnant aux bovins et aux ovins une petite quantité de céréales, ou de protéagineux, pour compléter un régime à base de fourrage, on leur permet de produire une quantité accrue de protéines pour l’alimentation humaine. Par exemple, il a été démontré que les bovins et les vaches laitières créent plus de protéines qu’ils n’en absorbent à partir de cultures qui pourraient être consommées par l’homme. Une étude de 2017 montre en effet que pour chaque kilo de protéines végétales propre à la consommation humaine mais consommé par des vaches laitières, celles-ci produisent 1,41 kilo de protéines comestibles pour l’homme. Les bovins de boucherie produisent quant à eux 1,09 kilo de protéines comestibles par kilo consommé de protéines végétales potentiellement comestibles pour l’homme.

Les éleveurs de bétail utilisent également des co-produits comme les drêches de brasserie et des sous-produits comme la croûte de pain pour nourrir leurs animaux. Cela permet de réduire leur empreinte de gaz à effet de serre et d’éviter que ces produits ne finissent dans les décharges.

En conclusion, en améliorant l’utilisation des sous-produits et des résidus de cultures comme aliments pour les animaux et en utilisant leur capacité unique de consommer une gamme diversifiée de ressources alimentaires, dont beaucoup ne sont pas digérables par l’homme, il est possible d’accroître la résilience de la production alimentaire dans un climat en mutation.

Producteur 02

Producteur 01

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Les idées reçues sur la viande #3 : pourrait-on planter des cultures sur les terres utilisées par l’élevage de bétail anglais ?

Après avoir abordé la question de l’empreinte écologique de l’élevage de bétail anglais, nous analyserons dans le troisième article de cette série l’idée reçue selon laquelle on pourrait planter des cultures sur les terres utilisées par l’élevage de bétail anglais.

Le climat britannique est idéal pour faire pousser l’herbe nécessaire pour l’alimentation des animaux. Selon une étude de 2019, 65% des terres agricoles du Royaume-Uni sont mieux adaptées pour faire pousser de l’herbe plutôt que de faire pousser d’autres cultures. Si ces terres n’étaient pas utilisées par le bétail, on ne pourrait pas les utiliser pour produire de la nourriture. En revanche, le fait que ces terres puissent servir de pâturages au bétail permet de produire de l’herbe non comestible pour l’homme en des produits (viande et produits laitiers) de grande qualité nutritionnelle.

Les pâturages bien gérés, ainsi que les haies qui les entourent, peuvent également absorber et stocker du CO2 qui aurait autrement été libéré dans l’atmosphère. Le taux d’absorption du CO2 peut être amélioré par une bonne gestion du pâturage.

Les pâturages permettent donc de produire de la nourriture tout en gardant un sol couvert par de la végétation, ce qui permet d’améliorer la qualité et le stockage de l’eau, empêche l’érosion du sol, et offre un habitat pour la vie sauvage. Selon un spécialiste de la botanique, le Dr. Trevor Dines, une bonne gestion des pâturages permettrait d’y trouver jusqu’à 770 espèces de fleurs sauvages, ce qui est crucial pour la biodiversité, puisque près de 1400 espèces de polinisateurs et d’autres insectes dépendent des riches pâturages pour leur survie.

Les idées reçues sur la viande #2 : l’empreinte écologique de l’élevage anglais

Après avoir abordé le sujet de la production de gaz à effet de serre de l’élevage anglais, nous allons dans cet article analyser de manière plus approfondie l’empreinte écologique de l’élevage anglais et le mythe selon lequel l’élevage serait mauvais pour l’environnement. Contrairement à cette idée reçue, au Royaume-Uni, il a été démontré que le bétail contribue directement à la biodiversité.

Il est vrai que le bétail joue un rôle important dans le maintient et l’amélioration des habitats naturels. Dans certains cas même, il joue même un rôle essentiel, comme c’est le cas avec l’Azuré du serpolet (Large Blue Butterfly), pour qui les pâturages sont un habitat idéal. En réalité, une bonne gestion des pâturages permet de préserver de nombreux habitats prioritaires tels que les prairies calcaires et le bruyère des hautes terres. Selon une étude de 2019, 53% des Sites d’intérêt scientifique particulier se trouvent dans des prairies de montagne et 96% de ces Sites d’intérêt scientifique particulier en montagne se trouvent dans des conditions favorables ou de récupération.

En plus de son rôle dans le maintient des habitats naturels, le bétail permet également de préserver ou d’améliorer le sol utilisé pour les cultures, comme le démontrent plusieurs études. Bien utilisé, le fumier peut servir de fertilisant très efficace pour les cultures. Celui-ci contient de nombreux nutriments aidant à la bonne croissance des cultures et il peut également améliorer le taux de filtration et de rétention de l’eau. L’utilisation de ce fertilisant naturel permet également de réduire l’utilisation de composés chimiques contenant notamment du protoxyde d’azote.

De strictes règles ont également été mises en place dans la plupart des zones agricoles de Royaume-Uni pour limiter la pollution de l’eau par le fumier et la pollution de l’air par l’ammoniaque. Une autre étude met également en avant les processus mis en place par les agriculteurs pour réduire la concentration en ammonique dans le fumier produit par le bétail, un processus à la fois durable et rentable pour eux.

L’utilisation de l’eau par l’élevage est également souvent mise en cause par les défenseurs de l’environnement. Mais la mesure de l’utilisation de l’eau est assez complexe. Lorsque l’on calcule l’empreinte hydrique d’une activité, l’eau est communément divisée en trois groupes distincts :

  • L’eau verte : l’eau issue des chutes d’eau, utilisées là où elle tombe par les cultures et les pâturages – cette eau ne pourrait essentiellement pas être utilisée pour autre chose
  • L’eau bleue : l’eau puisée directement depuis un robinet
  • L’eau grise : l’eau douce utilisée pour diluer la pollution

L’utilisation de l’eau diffère en fonction des élevages. Pour le bœuf, on estime que 17.000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de bœuf anglais. Cependant, seul 0,4% de ces 17.000 litres d’eau sont en réalité de l’eau bleue, et pas moins de 84,4% est de l’eau verte (de pluie) qui sert à l’entretien des pâturages. Le reste est de l’eau grise.

En ce qui concerne l’agneau, on estime que 57.759 litres d’eau sont nécessaires pour la production d’un kilo d’agneau anglais. Ce chiffre inclut seulement 0,1% d’eau bleue, et 96,6% d’eau verte, à nouveau utilisée pour l’entretien des pâturages. Le reste est de l’eau grise.

Comme le montrent ces chiffres, la majorité de l’eau utilisée pour l’élevage anglais est de l’eau dite verte, qui auraient donc difficilement pu être utilisée autrement. Au contraire de systèmes de production nécessitant une irrigation en eau dans certains pays, le véritable impact hydraulique du bœuf et de l’agneau anglais est très faible.

Qu’en est-il de la production de lait ? On considère qu’il faut 8 litres d’eau bleue pour produire un litre de lait. Ce chiffre peut cependant être mis en comparaison avec les 158 litres d’eau bleue nécessaire à la production d’un litre de lait d’amande.

On oublie souvent que l’élevage permet aussi de produire de la laine, qui est une fibre 100% naturelle, biodégradable, et renouvelable puisque les moutons produisent une nouvelle toison chaque année. Elle est également un excellent isolant qui permet de réduire les émissions de dioxyde de carbone quand on l’utilise à la maison. Mais cette incroyable ressource naturelle n’est disponible que s’il existe une industrie de l’élevage rentable.

Il y a donc de nombreux facteurs à prendre en compte lorsque l’on calcule l’empreinte écologique de l’élevage anglais. Il est également important de mentionner que de nombreux fermiers aident à la production d’énergies renouvelables, avec par exemple avec la mise en place de panneaux solaires ou d’éoliennes, ce qui permet d’alimenter en énergie des millions de foyers.

Enfin, les paysages bucoliques des campagnes anglaises, en grande partie créés par l’agriculture, attirent plus de 3 millions de touristes chaque année, ce qui permet de faire vivre l’économique locale. Les attractions de la campagne anglaise incluent une série de Parcs Nationaux et des AONB (« Areas of Outstanding Natural Beauty », littéralement les Espaces de remarquable beauté naturelle) qui reçoivent chaque année près de 70 millions de visiteurs d’un jour, dépensant un total de 1,78 milliard de £.

Les idées reçues sur la viande #1 : l’élevage anglais et le gaz à effet de serre

Nous vous proposons d’analyser ensemble une série d’idées reçues, souvent infondées, autour de la production de viande et de produits laitiers. Nous nous pencherons pour commencer sur un mythe très répandu : la production de viande de viande rouge et de produits laitiers serait la principale source d’émission de gaz à effet de serre. En réalité, au Royaume-Uni, on en est très loin. Cet article, basé sur les dernières études sur le sujet, vous permettra d’en apprendre plus la production de gaz à effet de serre par l’élevage anglais.

Dans un premier temps, il est important de réaliser que la viande rouge n’est pas produite de la même façon dans le monde entier. En Grande-Bretagne, le bétail est nourri essentiellement à base d’herbe. Grace à cela, selon un rapport du Comité anglais sur le Changement Climatique, les émissions de gaz à effet de serre issu de l’élevage de bœuf britannique est plus de 50% en dessous de la moyenne mondiale, ce qui en fait un des élevages les plus efficaces et durables au monde.

Les britanniques ont d’ailleurs été parmi les premiers à se diriger vers une démarche plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal. Aujourd’hui, les standards de production de la viande et des produits laitiers britanniques sont également parmi les plus élevés au monde. A titre d’exemple, toujours selon les chiffres fournis par ce même Comité, le gaz à effet de serre issu de la production de lait britannique a baissé de 24% depuis 1990 et le but est de réduire encore d’avantage ce chiffre grâce à de nouvelles approches de la reproduction et de l’alimentation. Encore plus parlant, si toutes les vaches laitières étaient aussi productives que les vaches anglaises, il n’en faudrait que 76 millions pour couvrir la demande mondiale, par rapport aux 278 millions actuellement recensées dans le monde. L’efficacité du système anglais n’est donc plus à prouver.

En 2017, le total des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de l’agriculture ne représentait que 10% de la totalité des émissions de gaz à effet de serre au Royaume-Uni, dont 5,7% pour le bétail et les moutons (contre une moyenne d’environ 9,1% à l’échelle européenne). Grâce à des mesures comme l’utilisation d’additifs naturel pour le nourrissage, des améliorations dans la santé des animaux, ou encore des programmes de reproductions, le secteur entend encore réduire les émissions de gaz à effet de serre issu du bétail dans le futur.

Il est également important de noter que les pâturages et les haies les entourant stockent également une partie du carbone émis par les animaux. Selon certaines études, les prairies seraient même un meilleur absorbeur de dioxyde de carbone que les bois.

Mais les émissions de gaz à effet de serre ne se limitent pas au dioxyde de carbone : au Royaume-Uni, le CO2 représentent 81% de ces émissions, les 19% restant étant essentiellement du méthane (11%) et du protoxyde d’azote (4%). Les émissions de méthane issues de l’agriculture britannique ne représentent ainsi que 5,5% des émissions de GES du pays.

La différence entre tous ces gaz à effet de serre ? Leur impact est différent : les GES tels que le méthane ont une courte durée de vie, alors que d’autres comme le CO2 et le protoxyde d’azote ont une longue durée de vie. Ce sont donc ces derniers gaz qui contribuent le plus fortement au réchauffement climatique.

Cependant, selon des recherches récentes menées par l’Université d’Oxford, la baisse des émissions de méthane entrainerait une stabilisation ou une baisse des températures globales. Des améliorations dans la productivité du bétail en pâturage permettrait de diminuer fortement l’impact environnemental de la production de viande rouge et de produits laitiers. Pour limiter le réchauffement climatique, la priorité du secteur agricole anglais est donc de réduire les niveaux d’émissions de gaz avec une longue durée de vie comme le CO2, tout en réduisant progressivement les niveaux de méthane.

DH – Juin 2020

The Brussels Magazine – Juin 2020

Food & Meat – Novembre 2019

Food & Meat – avril 2018

Food & Meat – février 2018

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